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| Peace Warriors | Numéros 19 à 21 | ||||
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Commander Peace Warriors ? Numéros 19 à 21 Numéros 16 à 18 Numéros 13 à 15 Numéros 10 à 12 Numéros 7 à 9 Numéros 4 à 6 Numéros 1 à 3 |
Numéro 19 (Juillet 2002) Label Foton Créé en 1998, le label belge Foton Records se concentre sur différentes formes de musique électronique : soundscapes minimalistes, abstract ambient et fréquences déformées. Chaque (rare) parution procure à l'auditeur une auto expérimentation dans l'écoute. Mais ce label n'est que l'une des activités de Foton qui ne se cantonne pas à la musique, car ce collectif hors du commun développe une démarche plus globale, dans un concept où l'aspect physique et visuel de l'art doit être représenté autant que sa forme sonore. L'idée de base est la collaboration et l'échange dans l'expérimentation, l'interaction entre plusieurs formes artistiques à l'occasion de performances. Foton regroupe ainsi des musiciens, mais également des vidéastes, des photographes, des designers, des graphistes, des poètes… Concernant le label, Foton privilégie la qualité à la quantité, ainsi seulement trois disques sont parus en trois ans. Urawa (composé de membres de Imminent Starvation, Fragile et Xingu Hill) fut le premier à stupéfaire de qualité dans la recherche de limites de la notion de tonalité et dans une conception autiste de l'ambient électronique. Il annonçait la suite : Ultraphonist et Object, qui poursuivent une dissection des fréquences extrêmes, entre clics et infrabasses, aux limites de l'ambient music et du timbre, où le corps entier travaille plutôt qu'il n'écoute… Par Jérôme Langlais. Labels défricheurs Dix questions posées aux labels : EMANEM ERSTWHILE FOR4EARS GROB NUR/NICHT/NUR NUSCOPE POTLATCH S O N O R I S Par Théo Jarrier Entretien avec Reynols Depuis longtemps, on n'avait rencontré une telle liberté en musique… Perdu loin du triangle Europe/Etats-Unis/Japon, en Argentine, Reynols semble hermétique aux modes et aux courants, passant sans sourciller du rock improvisé aux manipulations électroacoustiques. Explorateurs d'un monde absurde où l'on manie le non-sens comme d'autres les concepts, et surtout fondateurs d'une nouvelle religion, sans culte, sans adeptes, "garantie 0 % de stupidité humaine", au centre de laquelle trône leur dieu --- et accessoirement batteur-chanteur ---, Miguel Tomasin. Miguel est trisomique, sans lui, il ne serait sûrement rien resté de Reynols après dix ans d'activité. Pourtant, ils multiplient les concerts, les collaborations, et ne sont pas en manque de nouveaux projets. Peut-être ne faut-il voir dans cet univers décalé qu'une manière détournée de rechercher une certaine liberté musicale, un moyen d'échapper à tout idiome, tout comme Miguel improvise/invente sa propre langue à partir de l'espagnol, à l'ombre d'Artaud ou des surréalistes. Par Florent Delval. NOTES : Frequencies [Hz] Frequencies [Hz] est le nom d'une exposition d'art sonore qui vient de se tenir à la Kunsthalle de Francfort... Par Jérôme Lefèvre. Festival Densités 2000/2001 Sans sous-estimer le travail militant accompli par certaines salles, espaces de diffusion, labels et autres appareils critiques sur papier ou radiophoniques, l'une des particularités des festivals centrés sur la programmation de ces musiques dites "nouvelles", "radicales", "inespérées" (biffer la mention inutile) est de servir de laboratoire d'où les musiciens invités ne partent pas sitôt leur prestation effectuée. Ce qui leur permet, à n'en pas douter, de faire quelques rencontres en vue de projets ultérieurs prometteurs. Il en va de même pour le public festivalier, généralement assidu, qui gravite autour de ces musiques. Du simple auditeur attentif au musicien devenu l'espace d'un concert spectateur, en passant par le chroniqueur de revue musicale ou le responsable de label, les propos se confrontent, les analyses s'échafaudent, allant jusqu'à tisser des relations avec d'autres champs de la création, pour mieux cristalliser les fulgurances, les incertitudes, les questionnements soulevés par ces musiques. Ces lieux/espaces-temps ont pour nom Musique Action à Vandœuvre-lès-Nancy (autour de Dominique Répécaud), Fruits de Mhère dans le Morvan (autour d'Isabelle Duthoit et de Jacques Di Donato), Musiques innovatrices à Saint-Etienne (autour de Bruno Meillier), Musique et Quotidien sonore à Albi (autour de Jean Pallandre et Marc Pichelin)… Le festival Densités, leur frère de cœur et d'esprit, a lieu chaque année début novembre et connaîtra en 2002 sa 9e édition. Il a migré, depuis 2001, de Verdun à Fresnes-en-Woëvre, village du paysage lorrain. L'équipe qui gravite autour d'Emmanuelle Pellegrini, Xavier Charles et Michel Oury réussit à créer une atmosphère conviviale, chaleureuse en ces débuts de frimas. La programmation s'ouvre aux divers courants musicaux, de l'instrumentation acoustique à l'électroacoustique. Elle favorise les prises de risque et ouvre les pistes les plus variées de l'expérimentation dans un large spectre allant du rock décalé à la musique contemporaine. Elle se ramifie, aussi, vers d'autres formes de création --- vidéo, danse ou théâtre de marionnettes --- en un échange fertile avec la musique (comme on a pu le constater lors des deux dernières manifestations). Elle rend compte, en un seul lieu et un espace de temps resserré, de l'état des travaux effectués, des expérimentations en cours, des désirs de musique qui constituent et traversent cette scène.Et c'est bien là que résident l'importance et la nécessité de ce lieu festivalier ! Aussi n'est-il pas trop tard pour relater, sous des angles divers, ce qui s'y est déroulé lors des deux dernières éditions. Par Patrick Bœuf & Martine Rousseau. EXPLOVISIONS SONORES (Rêveries sous sonoïne) Regardons-nous, regardons autour de nous... Corps, habits, chapeaux, fenêtres, sols, routes, trottoirs, murs, maisons et immeubles... La matière qui nous constitue et nous entoure prend toutes sortes de formes ! Elle bourgeonne et brûle, elle durcit et fond, prolifère, s'entasse et pourrit et, germant sur sa propre pourriture... De Captain Beefheart à... En deux épisodes "à suivre"... Par Mathias Richard. Oren Ambarchi L'Australie est la terre d'une nouvelle génération d'artistes aux noms désormais prestigieux : Rob Avenaim, Pimmon et … Oren Ambarchi... Par Cyrille Lanoe. Numéro 20 (Décembre 2002) Nouvelles musiques portugaises Il s'agit avant tout ici d'un voyage initiatique à travers lequel nous avons tenté d'établir un panorama des nouvelles scènes des musiques inespérées portugaises et de ceux qui la composent. La multiplication des projets et initiatives dans ce pays - notamment le travail exemplaire de défrichage qu'ont entamés les labels AnAnAnA, AudEo, Headlights, Forward et Sirr - ont créé, pour certains depuis quelques années, une véritable dynamique et une reconnaissance internationale justifiée. Par Théo Jarrier Radu Malfatti Je suis allé à Londres en 1972, pour la musique, pour échapper à mes obligations militaires en Autriche. J'ai eu la chance d'être à Londres quand tout a commencé et je pense que j'ai eu ma toute petite influence dans l'évolution de cette manière de jouer. Il était nécessaire pour nous de faire ce que nous avons fait, nous en avions assez du jazz et du free et nous ressentions l'urgence de faire du neuf, ne sachant pas ce que donnerait le résultat, n'y pensant peut-être même pas. Nous savions seulement ce que nous ne voulions plus faire. Et graduellement nous nous sommes approchés d'un statut quo. Les improvisateurs devaient agir et réagir selon un mode précis afin d'être acceptés comme tels. Des "règles" émergent, des types de jeux deviennent "prohibés" et inacceptables. La stagnation s'installe et une manière de jouer parfaitement idiomatique apparaît ! J'ai quitté la scène du Little Theatre lors d'un concert du Spontaneous Music Ensemble, j'étais mécontent de l'orientation que prenait la musique à ce moment-là. J'ai remballé mon trombone et je suis parti. Dés mes débuts, je n'étais pas facile à vivre ! Par Dan Warburton Speedranch Un temps associé aux punks digitaux et potaches V/Vm / Jansky ^ Noise, Speedranch prend son envol avec James Plotkin ou Venetian Snares. Sans autre but que de se défouler et de rencontrer les musiciens qu'il admire, il élargit le spectre de la noise hurlée en la dévoyant, en l'entraînant vers des genres plus ou moins recommandables : breakcore, grind, punk, gabber passent au crible des plug-ins rudimentaires d'Audiomulch1... Pas de relecture post-moderniste à l'horizon, lui ne rêve que de Mötley Crüe… Une rencontre au sommet avec Jay Lesser, vrai fan de Metallica, s'impose. Par Florent Delval Explovisions sonores - Rêveries sous sonoïde Un dernier exemple d'ouverture à un instant du passé par la musique. Après un déménagement, la réécoute au hasard d'archives sonores m'a brusquement replongé dans une certaine période de quelques jours, et dans le sentiment très particulier qui lui correspond. Sensation d'être tombé dans un piège en programmant cette plage, deux jours pour ressortir de cet état trouble, nauséeux… Par Mathias Richard Numéro 21 (Juin 2003) Lethe.Voice Festival Vol 4 En sortant du métro au terminus Nagoyako - le port de Nagoya, ville industrielle située entre Tokyo et Kyoto -, il faut traverser un parc peuplé de quelques sans-domicile-fixe, figures de la récession qui frappe aujourd'hui le Japon, pour atteindre l'entrepôt où se tient le Lethe Voice Festival organisé par une petite équipe de six à huit personnes conduite par Kiyoharu Kuwayama. Le volume cubique, peint d'un jaune sale, est barré tous les sept à huit mètres d'un pilier de soutènement. L'espace de la scène, enclos entre quatre colonnes, est fermé d'un côté par trois marches qui accueillent le public. La résonance du lieu est ample et généreuse, convenant aux projets de Kuwayama comme à ceux d'Urabe. L'espace, ouvert de tous côtés de la scène, favorise l'aspect performance qui caractérise la majeure partie des représentations. Le visuel, autant que le sonore, est partie intégrante du spectacle. La performance plasticienne, la danse butô, sont très présentes. Si les artistes présentés ne relèvent pas forcément de la même esthétique sonore, un même état d'esprit traverse les performances de ces cinq jours de festival. Etat d'esprit parfois chamanique, comme en témoigne la définition du NMR Ceremony Project - partie médiane de chaque soirée -, extinction du sens, compulsivité de dessous l'inconscient, communication vers l'au-delà du réel. Chaque soirée se divise en six à sept parties, toutes engagées par une improvisation de Kuwayama - sorte de Monsieur Loyal du festival - sur une lettre sonore envoyée par un musicien étranger : Toy Bizarre, France, Bent Gutzeit, Rick Reed, USA, Jonathan Coleclough, UK, et Roel Meelkop, Pays-Bas. La dernière performance présente soit un duo majeur - Kuwayama avec successivement Yoshinori Yanagawa (sax), Masayoshi Urabe (sax), Rina Kijima (violon) -, soit un groupe réunissant certains des musiciens de la soirée. Dans cet espace de dock, dédié par la municipalité de Nagoya aux performances artistiques, ce dégage un climat où la technologie multimédiatique rejoint la cérémonie festive ancestrale, où espace, musiciens et public sont à l'unisson, investis par le flux continu d'images et de sons qui baignent les cinq jours de cette manifestation à la beauté étrange, faite de contraste entre ténèbres et illuminations. Par Patrick Boeuf Tabata Tabata hante la scène japonaise depuis vingt ans maintenant. Il passe, zigzague mais, en définitive, s'arrête peu… Il a croisé nombre de figures de proue, ceux qui reviennent immanquablement, comme Eye Yamatsuka, KK Null, Haino Keiji, Makoto Kawabata, Tatsuya Yoshida... Mais lui semble avancer sans se retourner, enregistrant peu, restant seulement fidèle au groupe qui lui a fait faire le tour du monde, Zeni Geva. Alors que l'ombre du groupe de Null se fait moins dense et que la scène noise rock américaine (Alternative Tentacles, Amrep), à laquelle Zeni Geva était associé, semble totalement éteinte, Tabata s'aventure dans de nombreux projets qui dévoilent des facettes insoupçonnées de ce musicien discret. Par Florent Delval Amplify Festival : Balance /Tokyo Posons comme postulat que la partition est à la musique ce qu'est la carte au territoire. Le mètre, unité de mesure utile au cartographe, a été défini comme la dix millionième partie du quart du méridien terrestre sous la Révolution française. Depuis, la précision de cette mesure s'est affinée et le mètre vaut désormais "1 650 763,73 longueurs d'onde dans le vide de la radiation correspondant à la transition entre les niveaux 2p10 et 5d5 de l'atome de krypton 86". Nous glissons de l'arpentage à la mécanique quantique. Du quantum émerge l'idée de grain et, pour en revenir à la musique, c'est bien de la même manière, que ce soit dans le free jazz, l'improvisation européenne ou la musique contemporaine, qu'elle se penche sur des questions de granulation, délaissant la mélodie et l'harmonie pour se recentrer sur les timbres, les hauteurs, les densité, l'arythmie. Les années 1980 ont vu se cristalliser, au croisement des expériences les plus décalées du rock et du free jazz, la musique noise. Apparue au Japon, cette musique toute en puissance, saturée dans son instrumentation, très serrée dans sa trame, laisse, une fois passée la jouissance de la violente décharge sonore, le plaisir de goûter aux variations de la granulation de son tapis incandescent. Récent courant musical issu du même pays, l'onkyo propose sa trame aérée, hachée d'absences, son extrémisme investi dans des aigus presque imperceptibles, sa fascination pour le silence. Lors d'une conversation, Otomo Yoshihide, l'un de ses chefs de file, affirmait que cette musique avait plus à voir avec un principe d'inversion de la noise qu'avec les avancées de Cage ou de Schaeffer dans leur approche du silence et de sa réintégration dans le champ musical. Plus la technologie progresse, plus l'instrumentation s'affine. Livrant toujours plus de détails, plus de profondeur dans l'infiniment petit et l'infiniment grand, nous dévoilant d'autres plans de réalité d'un même objet. Dans la matière dense, compacte, entre les électrons, le vide se révèle. Dès lors, pourquoi ne pas considérer l'onkyo comme une vue macroscopique d'un fragment de noise qui nous laisserait à entendre, dans une approche extrêmement intimiste, sa part de silence, son relâchement de trame, la précision ciselée de sa texture, grain à grain. En octobre 2002, dans la proche périphérie de Tokyo, le label new-yorkais Erstwhile présentait le festival Amplify. Son promoteur, Jon Abbey, y avait concocté trois soirées de rencontres entre les animateurs de la scène onkyo et un groupe d'improvisateurs européens. Ces derniers, bien que n'étant pas regroupés sous une étiquette - création somme toute journalistique - telle que l'onkyo, partagent avec leurs collègues nippons des préoccupations communes. L'aventure de ce festival se poursuit, la troisième édition ayant eu lieu à New York en février 2003. Celle de 2004 devrait se dérouler à Cologne et Berlin. Le géomètre, tout comme le musicien, cherche à redéfinir le monde. L'Aborigène australien cartographie le sien par le chant. Par Patrick Boeuf Toshimaru Nakamura A peine visible derrière le parallélépipède de son flying case arrondi aux angles, Toshimaru Nakamura livre sa musique quasi impassible, dans une concentration maximale, à l'écoute de ses compagnons de scène, de la musique, du lieu, de l'instant, de lui-même… Durant son enfance, il suit une initiation à la musique patronnée par une grande compagnie d'électronique instrumentale. Plus tard, il s'oriente vers l'ingénierie de la matière sonore et son design. Puis il joue de la guitare dans le groupe Paragon of Beauty - une musique entre jazz-rock et rock in opposition - et se retrouve, dès la première heure, avec Otomo Yoshihide, Sachiko M et Taku Sugimoto, sur la piste d'une musique que la presse qualifiera plus tard d'onkyo. Avec Sugimoto et Tetuzi Akiyama, au bar Aoyama, il organise des rencontres mensuelles jusqu'à la fermeture administrative du lieu. Depuis, à la galerie Off Site, au cœur de Tokyo, l'aventure se poursuit. Par Patrick Boeuf |
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