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| Peace Warriors | Numéros 13 à 15 | ||||
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Commander Peace Warriors ? Numéros 19 à 21 Numéros 16 à 18 Numéros 13 à 15 Numéros 10 à 12 Numéros 7 à 9 Numéros 4 à 6 Numéros 1 à 3 |
Numéro 13 (Janvier 2000) Musique Action 99 Ce qui rend ce festival si particulier, c'est la diversité des origines culturelles et territoriales des musiciens et des genres musicaux proposés au public. De l'improvisation à la musique contemporaine, si le festival nous propose les derniers travaux sur les matériaux électroniques et les platines, il ne néglige pourtant pas la scène avant rock, par exemple. Deux jeunes festivals peuvent probablement prétendre à cet éclectisme : Angelica à Bologne et le tout récent Festival Beyond Innocence, organisé par Uchihashi Kazuhisa à Kobe (bien que ce dernier soit franchement américano-japonais). Keith Rowe affirmait, lors d'une conversation après un concert récent aux Instants Chavirés (interview à paraître dans un prochain Spécial guitare) : "Music Action est le meilleur festival au monde". Annie Gosfield Attiré, dans un premier temps, par la belle pochette de son album " Burnt Ivory and Loose Wires ", récemment sorti sur le label Tzadik et par les mentions faites, rapprochant sa musique de celle de John Cage et d'Harry Partch, l'écoute du disque nous a surpris et enthousiasmés. Compositrice, clavieriste et improvisatrice new-yorkaise, ayant travaillé avec la crème du milieu d'improvisation local, nous avons rencontré Annie Gosfield et son compagnon, le guitariste Roger Kleier, avec lequel elle collabore le plus souvent, le lendemain de leur performance à Musique Action. Luc Ex Luc Ex est avant tout le bassiste du groupe hollandais anarcho-punk : The Ex, formé en 1979, devenu mythique aux fils des ans, d'une part pour leur militantisme et leur intégrité, mais aussi et surtout par leur musique, une des plus belles ouvertures à l'esprit de rencontre, d'échange et de liberté depuis Ornette Coleman, dont on retrouve d'ailleurs chez eux quelques traces. Le violoncelliste Tom Cora - avec qui The Ex avait auparavant enregistré deux albums : "Scrabbling at the lock" en 1991 et "And the weathermen shrug their shoulders" en 1993 - fera appel à Luc Ex en 1994, pour sa grande vitalité et son incroyable énergie, afin de constituer le groupe Roof aux côtés de Phil Minton et de Michael Vatcher. Leur musique abonde en improvisations maltraitées, chansons dépenaillées, sensibles, mélodies parfois nues, brutes ou prises d'un lyrisme émouvant. D'un folklore des pays de l'Est à un blues déraciné, les quatre vigoureux compagnons s'en donnent à cœur joie. Depuis le décès de Tom Cora, la formation continue de plus belle, rebaptisée 4 Walls depuis l'arrivée de Veryan Weston. Ivo Perelman Né au Brésil, à Sao Paulo en 1961 au sein d'une famille juive italienne, Ivo Perelman pratique tout d'abord un certain nombre d'instruments avant d'adopter définitivement le saxophone. C'est au cours de ses voyages à travers le monde que l'instrument s'impose. Il le choisit tout d'abord pour ses immenses capacités et sa dimension humaine, puis l'envisage comme une sorte de prolongement de son propre corps. Son jeu devient à la fois sophistiqué et sauvage, lyrique et frénétique, il y intègre les richesses rythmiques de la musique afro-américaine et le lyrisme mélodique du folklore brésilien où les origines lusitaniennes, africaines et indiennes "Tupi" se mélangent et dont il est naturellement imprégné. En enregistrant avec William Parker, Rashied Ali, Matthew Shipp… Perelman offre un nouveau souffle, une passion à la musique afro-brésilienne. C'est aux Instants Chavirés, que nous avons pu entendre pour la première fois en concert sa musique, à la fois libre et romantique, chaude et épicée, au sein d'un savoureux trio européen composé pour l'occasion d'une des rythmiques européennes les plus riches : Paul Rogers à la contrebasse et Ramon Lopez à la batterie… Staalplaat Diffuseur, agent provocateur d'évenements (installations sonores, concerts, spectacles "multimédia"…), Staalplaat avait démarré au début des années quatre-vingt, initialement en tant que "simple" label de K7 (Zeitgeist oblige), puis, logiquement, déployant de plus en plus ses activités sur une émission de radio, une boutique, une structure d'organisation de performances, devenant au fil des ans une référence, un label "de qualité" dans le domaine des musiques électroacoustiques, ambient, post-indus avec, parfois, une forte coloration/ connotation "dark", promouvant un impressionnant cheptel d'"artistes maison", "résidents" plus ou moins longtemps et quelques vieux et fidèles habitués : The Hafler Trio, Muslimgauze,Nocturnal Emissions, Ryoji Ikeda, Zoviet France, Jim O'Rourke, John Duncan, Charlemagne Palestine… Ayant établi son Q.G. à Amsterdam et fier d'avoir dans son "écurie" quelques artistes néerlandais : The Legendary Pink Dots, Roel Meelkop, BMB Con., Tin Foil Star, Geert-Jan Prins ou Kapotte Muziek - un des multiples projets, soit dit en passant, de Frans der Waard, le boss du label - Staalplaat a toujours été une structure d'envergure internationale à travers ses collaborations avec d'autres labels à la démarche similaire : RRR, Soleilmoon, Touch, Sub Rosa, Cold Meat Industry… s'impliquant dans l'organisation de festivals, organisant des tournées, diffusant ses productions à travers le monde via ses excroissances et tentacules implantées à l'étranger. Numéro 14: Spécial Guitare Vol.2 (Mai 2000) 8 exemplaires restants Alan Licht Alan Licht est ce musicien hyperactif de la scène downtown new-yorkaise, courant d'une session à l'autre (Run On, Loren MazzaCane Connors, Blue Humans), enchaînant performances solo et improvisant avec d'autres comme Fred Lonberg-Holm, William Hooker, Jim O'Rourke, Rudolph Grey, Lee Ranaldo, Michael Snow, DJ Spooky, Dean Roberts, Rashied Ali, Tamio Shiraishi, Ken Vandermark, LMC, Jojo Hiroshige, Keiji Haino, Mark Cunningham ou encore Arthur Lee Love. Chroniqueur des musiques déviantes pour Opprobrium, Forced Exposure, Halana, critique cultivé des musiques minimales et du cinéma expérimental, intellectualisant les pratiques contemporaines pour mieux les déborder dans l'art de l'improvisation, Alan Licht explore les multiples possibles de la guitare électrique et de l'amplification à travers différentes approches, du rock song à l'esthétique du minimalisme, dans la fascination de La Monte Young, de Phil Niblock et d'Eliane Radigue, renouvelant l'art du bruit. Rock'n'Roll's killing his life. David Grubbs Bien que je sois sérieusement contre le téléphone portable, si j'en avais eu un ce 24 juin, je n'aurais peut-être pas manqué la session d'enregistrement du guitariste/pianiste/songwriter américain David Grubbs, qui était à Paris pour enregistrer un disque sur le label Rectangle de Quentin Rollet et de Noël Akchoté avec des musiciens du cru : Akchoté, Didier Petit, Thierry Madiot et Yves Robert. Mais Quentin étant Quentin, le programme changea à 15 heures, je ne fus pas prévenu à temps et je passai une heure à attendre assis dans un café de Montreuil, si bien qu'il était finalement trop tard pour aller plus loin. Comme prix de consolation, j'étais invité le dimanche suivant au siège mondial de Rectangle, c'est-à-dire l'appartement merveilleusement chaotique de Quentin à Belleville, pour emmener David Grubbs prendre un petit déjeuner. Il était 5 heures et ils avaient célébré très tard la victoire française sur le Paraguay pour la Coupe du Monde. La plupart de ce qui suit a donc été enregistré en marchant dans les rues de Ménilmontant, jusqu'à ce que nous atteignions La Mère Lachaise où, entre cafés et nombreuses cigarettes, nous avons évoqué les multiples projets de cet intrigant, talentueux et aimable musicien, de son travail avec Jim O'Rourke au sein de Gastr Del Sol à ses propres disques solos "The Thicket" et "The Coxcomb". Hans Tammen D'origine allemande, Hans Tammen pratique la guitare depuis 1972. Il a joué et enregistré dans de nombreuses formations en musiques improvisées et musiques nouvelles, dont des performances avec son, danse et lumières. Il s'est produit avec des artistes comme Michael Vorfled, Andrej Solovjow, Paul Lytton, Phil Waschmann, Fine Kwiatkowski, Matthias Schubert, Sainkho Namchylak, Roger Kleier, Gabriele Hasler et bien d'autres. Au-delà des techniques guitaristiques traditionnelles, il travaille avec des préparations qui lui permettent mouvements et réactions rapides dans des contextes improvisés. En solo, Tammen connaît plusieurs façons de dépoussiérer sa guitare, et cela fonctionne si bien qu'il en réveille les oreilles endormies. Son jeu fonctionne tel un kaléidoscope sonore. En se laissant seulement aller au flux et reflux des événements, on est conduit à pousser une porte qui se révèle être celle du paradis ou, selon votre disposition, une trappe au-dessus de vertigineux précipices. Ce qui développe un moment son pouvoir d'attraction par une technique de cutting hautement calculée, s'évapore l'instant suivant dans un type d'expérience qui rappelle le feuilletage d'un beau livre de salon. Ce travailleur virtuose dissèque le son avec la méticulosité d'un pathologiste afin d'en extraire le secret de ses strates vives les plus intimes. C'est aujourd'hui, entre autres, avec le pianiste Denman Maroney qu'il virevolte de nouveau à travers les textures, un duo qui a fait l'objet d'un enregistrement qui sortira en France sur le label Potlatch. Joe Morris Joe Morris est un guitariste au jeu unique que l'on pourrait rapprocher, dans son aspect formel, de musiciens comme Jimmy Lyons ou Eric Dolphy, auxquels il voue une totale admiration. Durant ces vingt dernières années, reliées par une quinzaine d'albums, Morris a pu élargir son jeu, développer une technique singulière d'une grande liberté. Le satiné des textures qu'il brode est d'une fine sensibilité. Le tissu de la musique lui-même, ses intrications et ses perpétuelles révélations de motifs, les sauts de fret enchaînés, rapides et secs, sont déployés avec une extrême rigueur. En 1997, Black Saint a produit les plus récents enregistrements de son quartet, Hat Art s'est chargé du duo inédit avec Matthew Shipp et No More Records du très beau duo live avec William Parker. En novembre de cette même année, son remarquable trio est retourné en studio pour y enregistrer "Antennae". La façon dont les lignes mélodiques s'entrelacent et s'échangent entre les trois musiciens témoigne d'une rare cohésion d'intentions. "Antennae" vient du désir de se faire récepteur, de ressentir l'inspiration de ce qui est là maintenant et d'éprouver la valeur du temps dans l'instant, sans penser à une fin. Aujourd'hui, Morris continue à faire exploser les espaces au fond des brèches comme on a pu le constater, malheureusement dans un set un peu court, lors du festival Sons d'Hivers 2000. Keiji Haino Comme à la lisière de lui-même, Keiji Haino délivre une musique excédée, retranscrivant un univers ultra personnel. Au-delà d'un mythe, il multiplie les expériences en solo ou en groupe, se produisant aux côtés d'artistes venant d'horizons divers. Ses premières traces discographiques remontent aux années 70 avec une formation-éclair : Lost Aaraaf. Son mode d'expression unique passe aussi bien par le chant que par la guitare ou les percussions. Puisant son inspiration dans une mystique personnelle et dans un abouchement de disciplines diverses telles que la danse buto, le théâtre et la métaphysique, il construit un univers sonore plus instinctif que technique. Sa musique s'accomplit en une succession de spasmes lourds ou stridents dont l'alternance devient source de tensions littéralement impressionnantes pour l'auditeur. C'est à Paris, au printemps 1999, que nous avons rencontré cette figure peu accessible, pour tenter de cerner, plus que le personnage, une œuvre et une esthétique déroutantes. Nous nous sommes entretenus, juste après une session live avec Jean-François Pauvros, dans l'émission radiophonique "Songs of Praise" diffusée sur Aligre FM. Bruce Russell Dans ce lointain, hanté par les âmes des Maoris, terre australe oubliée des révoltes adolescentes qui font les modes et leur merchandising, les jeunesses néo-zélandaises se sont inventé leurs ruptures, dans l'écho déformé des mythologies du rock sublimées dans l'écart de leur insularité. Expérimentant et trouvant leurs techniques dans l'écoute approximative des imports, les concerts étant rares, il leur fallait inventer la langue et l'attitude. Bruce Russell s'est immergé autant dans l'écoute des albums du Velvet Underground que dans la pratique obstinée du punk-rock, construisant un jeu de guitare dans l'approximation technique, le martèlement sourd et l'urgence de faire. Pratiques obliques, s'inventant une technique construite non plus sur les tablatures mais sur des agencements de sonorités, de textures, dans le jeu de l'improvisation. Non-technicien quand la technique est affaire d'égotisme, préférant la libre association du temps et de l'électricité, sculptant le son, déclarant l'espace. Bruce Russell est une figure essentielle dans l'économie des musiques improvisées en Nouvelle-Zélande, à travers son label Corpus Hermeticum (avec Alan Licht, Surface of the Earth, Sandoz Lab Technicians, Omit, Thurston Moore,...) et ses différents groupes (A Handful of Dust, Dead C), liant le rock incendiaire aux pratiques libertaires de l'improvisation, à travers ce que la critique aura appelé le free-noise. Jean-Francois Pauvros Dès 1977, Jean-François Pauvros s'attache à explorer les possibilités de l'instrument avec Gaby Bizien et Philippe Deschepper dans Moebius, puis en duo avec Bizien ou avec Jac Berrocal et Gilbert Artman dans Catalogue. Il développe un univers qui l'amène à rencontrer les piliers de la scène d'improvisation anglaise : Evan Parker, John Stevens… Depuis, il nomadise à la rencontre de nombreux expérimentateurs tel Arto Lindsay, Elliott Sharp et s'éprend de la musique japonaise... Il pénètre dans un univers subtilement érotique avec la chanteuse Setsuko Chiba, enregistre avec Keiji Haino et co-fonde Marteau Rouge avec Jean-Marc Foussat et Makoto Sato. Pauvros est l'un des premiers en France à s'aventurer dans ces territoires extrêmes, à triturer boucles et delays. Il décline un cocktail électrique dosé de fragilité, de sensualité, de fureur, de délicatesse, d'excès et d'humour noir. Sa discographie rend compte des pistes multiples qu'il a pu explorer au cours des vingt années passées. James Plotkin Figure emblématique de la guitare dans le paysage des musiques actuelles, James Plotkin a conduit, malgré son jeune âge, de nombreux projets depuis une dizaine d'années. Tour à tour, fondateur du groupe de métal OLD - qui a fait les beaux jours du label Earache à la même époque que le Napalm Death de Mick Harris -, membre de Scorn, Painkiller, Death Ambient, il a également contribué à la vague isolationniste au début des années 90. Plotkin est réputé pour ses nombreuses collaborations en studio ou sur scène avec Mick Harris (Scorn), KK Null (Zeni Geva), Franz Treichler (Young Gods), Ruth Collins (Scorn), John Zorn, Mark Spybey (Zoviet France), Michael Gira (Swans), Matt Wand (Stock, Hausen & Walkman), David Fenech ("Strings and stings")... Il est aussi l'aventurier qui n'hésite pas à quitter ses racines rock pour des horizons plus électroniques au sein de projets comme Romance ou Jupiter Crew. Sa musique est parfois portée par des réminiscences cold wave qui ont bercé sa jeunesse ou par des influences post-industrielles. A l'écoute, ce sont tous les sens qui sont sollicités, aucune passivité n'est envisagée. Plotkin est un artiste atypique, touchant et attachant. Il a récemment participé à la compilation guitare "Strings and stings" sorti sur le label français FBWL, ce fut l'occasion rêvée de s'entretenir avec lui. Numéro 15 (Octobre 2000) Epuisé Marilyn Crispell Après de classiques leçons de piano, Marilyn Crispell étudie la composition au New England Conservatory de Boston en 1964, et découvre le jazz à travers la musique de John Coltrane et Cecil Taylor. En 1977, elle entre au Creative Music Studio de Woodstock et rencontre Anthony Braxton avec qui elle travaillera plusieurs années durant, notamment au sein de son quartet. Membre du Reggie Workman's Ensemble depuis 1986, elle joue également sa propre musique dans toutes sortes de configurations, régulièrement en solo ou en trio aux côtés de Reggie Workman et Gerry Hemingway, ou encore en collaborant avec Anthony Davis à la création de l'Opéra de New York (" X, the life and times of Malcolm X "). Son jeu pianistique est souvent comparé à celui de Cecil Taylor, qu'elle admire particulièrement. Mais sa maîtrise instrumentale, ce romantisme latent ainsi que sa forte personnalité musicale la démarque de tout pianiste de free-jazz. Elle déconstruit des mélodies traditionnelles, les harmonies et le rythme. Elle invente de nouvelles tonalités en utilisant des techniques variables hétérodoxes et joue des contrastes pour obtenir une touche de couleur particulière sur son clavier. Le Koto Le koto est un instrument à cordes à ranger dans la famille des cithares. Vieux de plus de quinze cents ans, il est arrivé au Japon par la Corée. Tout d'abord fondu au sein de l'orchestre, il devient vite instrument majeur de la musique savante (traditionnellement son apprentissage est le signe d'une éducation féminine de choix). " Je ne m'intéresse pas au japonisme du koto. Je n'ai jamais pensé mon identité comme japonaise. Mais je trouve le koto intéressant comme instrument. C'est juste une pièce de bois coupé, des cordes rudimentaires tendues dessus. A peine, vous le touchez, il produit du son. C'est cette simplicité qui m'intéresse. Je suis émue quand je touche le koto, je sens le son qu'il produit. C'est difficile à décrire tellement les sentiments sont profonds. Au fond de moi j'entend le koto jouer un long son continu. " (Sawai Kasue dans Music Works n° 66). Cuneiform Records Véritable mine d'or pour les amateurs de musiques nouvelles, le label américain Cuneiform dispense depuis de nombreuses années une somme impressionnante de nouveautés et de rééditions. Cuneiform affiche un éclectisme rigoureux qui, paradoxalement, n'exclut pas une forte identité. Rien de commun à priori entre le progressif canterburien des Muffins et le minimalisme répétitif du méconnu David Borden. Pas plus qu'entre le " jazz-rock " de Curlew et les improvisations de Mujician ou de Henry Kaiser. Rien de commun si ce n'est la qualité des choix et la fidélité des collaborations. Rares sont les fautes de goût et les rencontres occasionnelles. Et s'il n'y a pas vraiment de " recette " Cuneiform, on peut néanmoins discerner des ingrédients récurrents : l'école de Canterbury (avec de superbes inédits de Soft Machine et des travaux plus récents de Hugh Hopper, Elton Dean, Keith Tippett et Phil Miller), le rock in opposition défini par Chris Cutler dans les années 70 (Univers Zéro, Présent, Von Zamla, Miriodor, Thinking Plague, Volapük, Cartoon…) avec en filigrane la substantifique moelle du rock progressif qui trouve là un des derniers bastions de résistance à la décadence de sa propre histoire. Du death metal aux musiques nouvelles " Du point de vue d'une communauté invisible, il semble crucial d'essayer de rendre justice à ce qui a parfois le plus compté pour certaines personnes, dans les années 1990. Les groupes dont je parle : Headache, Badgewearer, Cannibal Corpse, Unsane, Deity Guns, Corrupted, Shatter the Myth… sont essentiellement noise, death ou hardcore, il m'importe de définir leur singularité au-delà de ces étiquettes et de les considérer comme des musiques nouvelles ". Kaffe Matthews Magicienne d'electronica, espiègle et enchanteresse, exploitant et manipulant les ambiances "d'un endroit particulier, à un moment particulier" - qu'il s'agisse d'un "rock club" de Chicago (Empty Bottle), une librairie à Baltimore, un café à Detroit ou une galerie d'art à Philadelphia, Kaffe Matthews crée des paysages sonores (soundscapes) d'un grand pouvoir d'évocation et d'envoûtement : on suit leur évolution avec émerveillement, fascination et parfois aussi un certain malaise. Son dernier album, "CD Cécile" est le troisième publié sur son propre label, Annette Works, dont le parti pris à la fois esthétique et technologique est de promouvoir, en en explorant les nuances et capacités, le système LiSa (Live Sampling), dispositif électronique de manipulation audio, développé à Steim (l'Ircam amsterdamois). Au fil du temps, après quelques expériences avec violon, LiSa demeure et s'affirme de plus en plus comme son principal outil de travail permettant d'établir tout un jeu sur la durée, les répétitions, la texture, les "changements climatiques", intégrant également de plus en plus de sonorités abrasives, dérangeantes, brutes et bruitistes. |
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